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Cours 4 · Arithmétique et probabilitésLeçon 2 sur 4

Probabilités

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À la fin de cette leçon, vous saurez

Modéliser une expérience aléatoire : conditionnement, indépendance, variable aléatoire, loi binomiale.

Les probabilités mesurent l'incertitude avec les outils du dénombrement. La difficulté du chapitre n'est presque jamais calculatoire : elle est de traduire un énoncé en français dans le langage des événements, et de savoir quelle probabilité on cherche.

Vocabulaire

Une expérience aléatoire a un ensemble de résultats possibles, l'univers Ω\Omega. Un événement est une partie de Ω\Omega.

En situation d'équiprobabilité — dés équilibrés, tirages au hasard —

P(A)=card(A)card(Ω)P(A) = \frac{\operatorname{card}(A)}{\operatorname{card}(\Omega)}

et le calcul redevient du dénombrement : les formules du bloc I servent directement.

P(Aˉ)=1P(A)P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(\bar{A}) = 1 - P(A) \qquad P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)

Le terme soustrait n'est nécessaire que si les événements ne sont pas incompatibles. Comme en dénombrement, un énoncé en « au moins un » se traite par le complémentaire.

Probabilité conditionnelle

PA(B)=P(AB)P(A)(P(A)0)P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)} \qquad (P(A) \neq 0)

PA(B)P_A(B) se lit « probabilité de BB sachant AA ». On restreint l'univers à AA, et l'on mesure la part de BB à l'intérieur.

La formule s'emploie surtout retournée, sous le nom de probabilités composées :

P(AB)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)

C'est la règle de lecture d'un arbre pondéré : on multiplie le long d'un chemin. L'arbre est l'outil le plus sûr du chapitre, et le dessiner avant tout calcul évite la plupart des erreurs.

Formule des probabilités totales

Si A1,,AnA_1, \dots, A_n forment une partition de l'univers — deux à deux incompatibles et de réunion Ω\Omega :

P(B)=i=1nP(Ai)×PAi(B)P(B) = \sum_{i=1}^{n} P(A_i) \times P_{A_i}(B)

Sur un arbre : on additionne les branches qui aboutissent à BB. La partition la plus fréquente est la plus simple, {A,Aˉ}\{A, \bar A\}.

Formule de Bayes

PB(A)=P(A)×PA(B)P(B)P_B(A) = \frac{P(A) \times P_A(B)}{P(B)}

Elle retourne le conditionnement : on connaît la probabilité de l'effet sachant la cause, on veut celle de la cause sachant l'effet. C'est la situation de tout diagnostic — on observe un test positif, on cherche la probabilité de la maladie.

Le résultat est régulièrement contre-intuitif, et pour une raison de proportions : quand la maladie est rare, les faux positifs issus d'une population saine très nombreuse peuvent dépasser les vrais positifs. La qualité du test ne suffit pas à conclure ; la prévalence compte autant.

Quiz · vérifiez votre compréhension Sans réponse

P(A|B) et P(B|A) sont-elles égales ?

Indépendance

AA et BB sont indépendants si

P(AB)=P(A)×P(B)eˊquivalent aˋPA(B)=P(B)P(A \cap B) = P(A) \times P(B) \qquad\text{équivalent à}\qquad P_A(B) = P(B)

L'indépendance ne se devine pas, elle se vérifie ou se déclare par l'énoncé — « les tirages sont effectués avec remise », « les lancers sont indépendants ». La supposer sans justification est une faute, et l'intuition trompe souvent.

Attention à ne pas confondre avec l'incompatibilité : deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants, puisque P(AB)=0P(A)P(B)P(A \cap B) = 0 \neq P(A)P(B).

Variables aléatoires

Une variable aléatoire XX associe un nombre à chaque résultat. Sa loi est la donnée des P(X=xi)P(X = x_i), dont la somme vaut 1 — vérification qui détecte la plupart des erreurs de loi.

E(X)=xiP(X=xi)V(X)=E(X2)E(X)2σ(X)=V(X)E(X) = \sum x_i\,P(X=x_i) \qquad V(X) = E(X^2) - E(X)^2 \qquad \sigma(X) = \sqrt{V(X)}

L'espérance est la valeur moyenne sur un grand nombre de répétitions. Un jeu est dit équitable si E(X)=0E(X) = 0 — c'est la question posée dans presque tous les exercices de jeu.

L'écart type mesure la dispersion autour de l'espérance ; il s'exprime dans la même unité que XX, contrairement à la variance.

Loi binomiale

Le cadre : nn épreuves de Bernoulli — deux issues, succès de probabilité ppidentiques et indépendantes. XX compte les succès. Alors

P(X=k)=(nk)pk(1p)nkP(X = k) = \binom{n}{k} p^k (1-p)^{n-k} E(X)=npV(X)=np(1p)E(X) = np \qquad V(X) = np(1-p)

La formule se lit directement : pkp^k pour les kk succès, (1p)nk(1-p)^{n-k} pour les échecs, et (nk)\binom{n}{k} pour les positions possibles des succès — le dénombrement du bloc I, exactement.

Les trois conditions ne sont pas décoratives. Un tirage sans remise n'est pas binomial : les épreuves ne sont plus indépendantes ni identiques. Vérifier le cadre avant d'appliquer la formule fait partie de la réponse.

Quiz · vérifiez votre compréhension Sans réponse

On tire 5 boules SANS remise dans une urne. Le nombre de boules rouges suit-il une loi binomiale ?

À vous

Exercice · JavaScript · à vous de jouer

Calculez la probabilité d'être malade sachant que le test est positif, puis le nombre de faux positifs attendus.

En attente
// Un test de dépistage : 99 % de sensibilité, 98 % de spécificité,
// maladie touchant 0,5 % de la population.
// Un test positif : quelle probabilité d'être réellement malade ?

const P_MALADE = 0.005;
const SENSIBILITE = 0.99;   // P(+ | malade)
const SPECIFICITE = 0.98;   // P(− | sain)

// 1. Probabilités totales : P(+) = P(+|M)P(M) + P(+|S)P(S).
const pPositif = 0; // à corriger

// 2. Bayes : P(M|+) = P(+|M)P(M) / P(+).
const pMaladeSachantPositif = 0; // à corriger

console.log("P(+) =", pPositif.toFixed(5));
console.log("P(malade | +) =", (pMaladeSachantPositif * 100).toFixed(2), "%");

// 3. Loi binomiale : sur 1000 personnes saines testées, combien de faux
//    positifs en moyenne ? E(X) = n·p.
const fauxPositifsAttendus = 0; // à corriger
console.log("faux positifs attendus sur 1000 sains :", fauxPositifsAttendus);

Console de sortie
Le résultat s'affiche dans la console

À retenir

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