Cours 3 · Cryptanalyse, paramètres et statutLeçon 2 sur 3
Cryptanalyse II : sous-réseau dense et point de fatigue
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La densité du réseau publié, l'estimateur DSD généralisé, l'expérience de réduction, et les trois limites à ne pas adoucir.
C'est la séance la plus lourde du séminaire, et l'article le dit lui-même : puisque tout l'intérêt de la structure de tore est d'élargir la fenêtre de module, cette sous-section porte plus de poids qu'aucune autre. C'est aussi la seule où la revendication centrale est mesurée plutôt qu'extrapolée.
À lire avant la séance
§5.6 en entier, avec la Figure 1 et les Tables 6 à 9, puis §5.7 et la Table 10. L'Annexe C, qui porte la calibration du banc et ses trois limites, est indispensable : sans elle les chiffres de §5.6 se lisent trop vite.
Une comptabilité à ne pas confondre
L'article ouvre §5.6 par un point de comptabilité, en prévenant qu'il est facile de s'y tromper. Il y a deux réseaux, et ils n'ont ni la même dimension ni la même densité.
Le réseau complet a la dimension et porte un plant de rang , soit une densité — c'est le chiffre du Corollaire 1, vu en séance 3. Mais le schéma ne publie pas ce réseau : il n'expose qu'une ligne. Ce que l'attaquant tient réellement est
dont la densité vaut , soit à , contre pour NTRU. C'est ce dernier chiffre qui gouverne l'attaque, et c'est celui contre lequel la simulation doit être menée. Les deux formules coïncident à , où l'on retrouve NTRU.
Structurellement, le réseau déployé est donc un réseau NTRU de demi-dimension dont le plant est fois plus creux.
Le schéma n'expose qu'une ligne. Ce que l'attaquant tient est un réseau de dimension 2nk et de déterminant q^{nk} — pas le réseau NTC complet, de dimension nk(1+k).
L'estimateur, généralisé
La méthode adapte l'estimateur DSD-PT de Ducas et van Woerden à un réseau -aire portant un sous-réseau dense de rang arbitraire. Leur modèle est énoncé pour une dimension avec un plant de rang , de sorte que la demi-dimension, le rang du plant et leur différence coïncident ; la généralisation consiste précisément à démêler les trois. La quantité à généraliser est le co-rang , et non la demi-dimension.
Deux validations précèdent tout chiffre, et l'article insiste pour qu'on les lise d'abord. Instancié sur la géométrie NTRU, l'estimateur généralisé reproduit l'original exactement : sur une grille de modules et de blocksizes, l'écart maximal sur la probabilité DSD est nul à la précision machine. Puis le point de fatigue qu'il prédit pour NTRU circulant ternaire reproduit l'ajustement publié — les rapports mesurés valent 0,0045, 0,0045, 0,0044 et 0,0042 — avec un blocksize de croisement dans la plage attendue.
L'expérience de densité
Vient alors l'expérience qui isole exactement ce qu'on veut isoler : on fixe la dimension du réseau et la norme du vecteur secret, et on ne fait varier que le rang du plant. À les vecteurs plantés de ont pour norme au carré , identique à celle de NTRU : la comparaison est propre.
| 160 | 192 | 224 | |
|---|---|---|---|
| , plant de rang (NTRU) | 1 216 | 1 919 | 2 819 |
| , plant de rang (NTC) | 27 751 | 85 049 | 215 509 |
| Gain, en bits de module | 4,51 | 5,47 | 6,26 |
Le plant plus creux repousse bien le point de fatigue, et le gain croît avec la dimension au lieu de se stabiliser à un facteur constant. Appliqué aux jeux déployés, l'événement DSD ne se déclenche jamais au module choisi : l'attaque procède par récupération de clé, à un blocksize concordant à 5 % près avec l'estimation primale, et le point de fatigue se situe bien au-dessus — 13,1, 16,1 et 18,6 bits de marge aux trois catégories.
La confirmation expérimentale
Les chiffres ci-dessus viennent d'un prédicteur. §5.6 les adosse à de la réduction réelle. On génère des instances du réseau publié et des témoins NTRU à dimension ambiante, déterminant, module et norme de vecteur planté identiques — tout invariant grossier coïncide, et les deux familles ne diffèrent que par le rang du plant.
| (dimension ambiante ) | 96 | 128 |
|---|---|---|
| NTRU, plant de rang : DSD en premier | 109 / 109 | 9 / 9 |
| NTC, plant de rang : DSD en premier | 4 / 109 | 0 / 6 |
| Gain mesuré, en bits de module | ||
| Gain prédit | 4,32 | 4,24 |
Trois points de méthode font la valeur de l'expérience. Le test d'appartenance est exact — un vecteur est dans l'enveloppe rationnelle du plant si et seulement si tous les mineurs s'annulent — et vérifié en arithmétique entière : un accident numérique peut perdre un événement, jamais en inventer un. La règle de score suit la source, et un tour produisant les deux événements est compté SKR : elle ne peut donc que sous-compter DSD, des deux côtés. Enfin la réduction est celle de fplll, par énumération.
Les trois limites, à énoncer sans les adoucir
L'Annexe C les nomme, et le séminaire doit y consacrer un vrai temps.
- L'expérience règle l'ordre, pas la magnitude. Presque toutes les cellules qu'elle pourrait s'offrir croisent à , régime où LLL seul peut rendre le module planté entier ; l'ordre est robuste, la taille du gain ne l'est pas. Relocalisé sur un indicateur immunisé au bris d'égalité, le même gain vaut 1,68 bit au lieu de .
- Le modèle est employé loin de son domaine validé. Ses auteurs l'ont vérifié jusqu'à et ; les jeux déployés sont à –2048 avec des blocksizes de 130 à 390. L'expérience de l'article n'atteint que . La taille des marges reste donc prédite, non observée.
- La probabilité DSD n'est pas monotone en . En petite dimension l'estimateur sature et le rapport retombe : le point de fatigue doit être cherché par premier croisement et non par bissection, et les croisements sous écartés comme dégénérés.
Ce qui n'est pas modélisé
§5.7 et la Table 10 ferment la section en listant ce que l'analyse ne couvre pas : les attaques algébriques propres au tore — la descente de trace donne du module-LWE de rang en dimension sans descente vers , mais c'est une observation et non une preuve — la corrélation de colonnes de la seconde hypothèse, que le schéma déployé n'expose jamais, l'exploitation adverse des échecs de déchiffrement, le multi-cible, et les canaux auxiliaires.
Quelle densité gouverne l'attaque par découverte de sous-réseau dense ?
Qu'établit exactement l'expérience de réduction de la Table 9 ?
Point de discussion
L'article revendique un gain de 4,5 à 6,3 bits de module et une marge de 13 à 19 bits, tout en écrivant que la taille de ces marges reste prédite et non observée. Ces deux énoncés sont compatibles — mais dans quelle mesure la revendication de compacité du schéma en dépend-elle ? Reprenez la fenêtre de module de la séance 1 : si le gain réel était de 1,68 bit plutôt que de 4,5, quels jeux de paramètres de la séance 8 resteraient admissibles ?
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