Mathématiques · C1 Outils de base · Chapitre 3 · 6 h
Barycentre
Le barycentre comme outil : associativité, lignes de niveau, recherche de lieux géométriques.
Le barycentre n'est pas un chapitre de géométrie parmi d'autres : c'est un outil de réduction. Sa fonction est de remplacer une somme de vecteurs ou de distances par une seule, rapportée à un point unique. Une expression qui dépend de trois points devient une expression qui dépend d'un seul, et un lieu géométrique inextricable devient un cercle. Tout le chapitre tient dans ce mouvement.
Deux points pondérés
Soient et deux points et deux réels tels que . Le barycentre du système est l'unique point vérifiant
La condition n'est pas une formalité : si la somme des coefficients est nulle, aucun point ne convient et le barycentre n'existe pas. C'est la première chose à vérifier, et la première ligne attendue en copie.
Deux propriétés se déduisent immédiatement de la définition.
Homogénéité. Multiplier tous les coefficients par un même réel ne change pas . On peut donc toujours simplifier : et ont le même barycentre. En pratique, on réduit avant de calculer.
Position. appartient à la droite , et plus précisément
Si et sont de même signe, est entre et , plus près du point le plus lourd. Avec des coefficients de signes contraires, sort du segment.
Quiz · 1 question
Où se trouve le barycentre de {(A, 3), (B, 1)} ?
- Aux trois quarts du segment [AB] en partant de A
- Au quart du segment [AB] en partant de A
- En dehors du segment, au-delà de A
Réponse : AG = β/(α+β) × AB = 1/4 × AB. Le point le plus lourd attire : A pèse 3, donc G est près de A. Un coefficient plus grand rapproche, il n'éloigne pas — c'est le contresens le plus fréquent.
La propriété fondamentale
Elle porte tout le reste du chapitre. Si est le barycentre de , alors pour tout point du plan :
La démonstration tient en une ligne — insérer par la relation de Chasles dans chaque vecteur — mais l'usage est considérable : une somme de deux vecteurs variables devient un seul vecteur variable. C'est cette réduction qu'on cherchera systématiquement.
En prenant l'origine d'un repère, on obtient la formule de calcul :
Chaque coordonnée est la moyenne des coordonnées, pondérée par les coefficients. Rien de plus.
points, et l'isobarycentre
La définition s'étend sans changement à points pondérés, sous la même condition que la somme des coefficients soit non nulle :
Quand tous les coefficients sont égaux, s'appelle l'isobarycentre. Pour deux points, c'est le milieu ; pour un triangle, c'est le centre de gravité, point de concours des médianes, situé aux deux tiers de chaque médiane à partir du sommet : , où est le milieu de .
Ce résultat classique n'a pas à être admis : il se démontre en trois lignes par associativité, et c'est justement l'objet de la section suivante.
L'associativité
C'est le théorème le plus utile du chapitre. Dans un système de points pondérés, on peut remplacer un sous-groupe de points par leur barycentre partiel, affecté de la somme de leurs coefficients, sans changer le barycentre global.
L'animation construit des deux façons, puis fait varier le coefficient de .
Animation · 5 étapes
Construire G = bar{(A,2), (B,1), (C,1)}
- Trois points pondérés — Un barycentre ne se calcule pas sur des points, mais sur des points AFFECTÉS de coefficients. Changer les coefficients change le résultat.
- Regrouper A et B — On remplace les deux premiers points par leur seul barycentre I, affecté de la somme de leurs coefficients. I est sur le segment [AB], plus près du point le plus lourd.
- Associativité — Le barycentre des trois points est celui de I et de C. C'est le théorème d'associativité : il transforme un problème à trois points en un problème à deux, et G se lit alors sur le segment [IC].
- Le même G, directement — En coordonnées, G est la moyenne des points pondérée par les coefficients. Même point, obtenu sans passer par I : c'est la vérification qu'on attend en copie.
- Alourdir C — On fait croître le coefficient de C : G glisse vers C sans jamais l'atteindre. Le barycentre reste dans l'enveloppe convexe des points tant que les coefficients sont positifs.
Sur l'exemple : est sur , et est sur . Le coefficient de est , et l'oublier est l'erreur qui coûte le plus de points dans ce chapitre : on écrit avec son ancien coefficient, ou avec , et tout le reste s'effondre.
L'intérêt est double. D'une part, un problème à trois points devient un problème à deux, où se lit sur un segment. D'autre part, l'associativité démontre des alignements : dire que est le barycentre de et , c'est exactement dire que , et sont alignés. C'est ainsi qu'on établit le concours des médianes — l'isobarycentre de , , est aussi le barycentre de (milieu de , donc de coefficient ) et de , donc il est sur la médiane ; le même raisonnement sur les deux autres médianes conclut.
Quiz · 1 question
G est le barycentre de {(A,1), (B,2), (C,3)} et I celui de {(B,2), (C,3)}. Quel système admet aussi G pour barycentre ?
- {(A,1), (I,1)}
- {(A,1), (I,5)}
- {(A,1), (I,6)}
Réponse : Le point partiel hérite de la SOMME des coefficients remplacés : 2 + 3 = 5. G est donc le barycentre de {(A,1), (I,5)}, ce qui prouve au passage que A, G et I sont alignés.
Lignes de niveau
C'est l'application qui tombe à l'épreuve. On cherche l'ensemble des points vérifiant une égalité, et la méthode est toujours la même : réduire à l'aide d'un barycentre bien choisi, jusqu'à reconnaître une figure élémentaire.
Ligne de niveau de . La propriété fondamentale donne , donc : le lieu est le cercle de centre et de ce rayon — ou un point si , ou l'ensemble vide si est négatif.
Ligne de niveau de . En introduisant le barycentre et en développant :
Les deux derniers termes sont des constantes : elles ne dépendent pas de . L'égalité se ramène donc à , et le lieu est encore un cercle de centre — vide si la constante obtenue est strictement négative.
Ligne de niveau de . Avec le milieu de , on établit , d'où un cercle de centre . Le cas redonne le cercle de diamètre .
La constante est le seul endroit où l'on calcule vraiment ; le reste est mécanique. Et dans les trois cas, la conclusion doit discuter le signe : un rayon au carré négatif donne l'ensemble vide, et l'oublier coûte les derniers points de la question.
Méthode : un lieu géométrique, pas à pas
| Étape | Ce qu'on fait |
|---|---|
| 1 | Vérifier que la somme des coefficients n'est pas nulle |
| 2 | Nommer le barycentre du système qui apparaît dans l'égalité |
| 3 | Réduire la somme de vecteurs, ou développer les carrés autour de |
| 4 | Isoler ou |
| 5 | Discuter selon : cercle, point, ou ensemble vide |
Si la somme des coefficients est nulle, la réduction échoue — mais elle échoue utilement : la somme devient alors un vecteur constant, indépendant de , et le lieu est une droite. Ce cas est un sujet d'exercice à part entière, et non un accident.
À vous
Exercice de code
Écrivez la fonction barycentre, puis vérifiez que les deux chemins — direct et par associativité — donnent le même point.
Point de départ
// Chaque coordonnée de G est la moyenne des coordonnées, pondérée
// par les coefficients. Écrivez-la une seule fois, pour une liste
// de couples [point, coefficient].
const A = { x: 1, y: 2 };
const B = { x: 7, y: 0 };
const C = { x: 4, y: 6 };
const barycentre = (ponderes) => ({ x: 0, y: 0 }); // à corriger
// Le chemin direct.
const G = barycentre([[A, 2], [B, 1], [C, 1]]);
// Le chemin par associativité : on regroupe A et B en I,
// affecté de la SOMME de leurs coefficients.
const I = barycentre([[A, 2], [B, 1]]);
const G2 = barycentre([[I, 3], [C, 1]]);
console.log(G.x, G.y); // attendu : 3.25 2.5
console.log(G2.x, G2.y); // attendu : le même point
Solution
const A = { x: 1, y: 2 };
const B = { x: 7, y: 0 };
const C = { x: 4, y: 6 };
// La masse totale ne doit jamais être nulle : c'est la condition
// d'existence du barycentre, et le seul cas à écarter.
const barycentre = (ponderes) => {
const masse = ponderes.reduce((t, [, m]) => t + m, 0);
if (masse === 0) throw new Error("masse totale nulle : pas de barycentre");
return {
x: ponderes.reduce((t, [p, m]) => t + p.x * m, 0) / masse,
y: ponderes.reduce((t, [p, m]) => t + p.y * m, 0) / masse,
};
};
const G = barycentre([[A, 2], [B, 1], [C, 1]]);
const I = barycentre([[A, 2], [B, 1]]);
const G2 = barycentre([[I, 3], [C, 1]]);
console.log(G.x, G.y); // 3.25 2.5
console.log(G2.x, G2.y); // 3.25 2.5 — c'est l'associativité, vérifiée
// numériquement : le coefficient de I est 2+1 = 3,
// et l'oublier est l'erreur classique du chapitre.
À retenir
Flashcards · 5 cartes
- Quelle condition garantit l'existence du barycentre ?
- La somme des coefficients doit être non nulle. Si elle est nulle, aucun point ne convient : à vérifier en première ligne.
- Quelle est la propriété fondamentale du barycentre ?
- Pour tout M : α·MA + β·MB = (α+β)·MG. Elle réduit une somme de vecteurs variables à un seul.
- Que dit l'associativité, et quelle erreur guette ?
- On peut remplacer un sous-groupe par son barycentre partiel affecté de la SOMME de leurs coefficients. Oublier cette somme est l'erreur classique.
- Comment démontrer que trois points sont alignés avec des barycentres ?
- En montrant que l'un est barycentre des deux autres : par définition, il est alors sur leur droite.
- À quoi ressemble le lieu des M tels que αMA² + βMB² = k ?
- À un cercle de centre G, après réduction (α+β)MG² + constante. Toujours discuter le signe : le lieu peut être un point ou vide.