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Théorie des langages · C3 Langages algébriques · Chapitre 1 · 7 h

Grammaires hors contexte

Grammaire, dérivation, arbre de dérivation ; langage engendré ; ambiguïté ; forme normale de Chomsky ; la hiérarchie de Chomsky en survol.

Le chapitre 6 s'est terminé sur une limite : les automates finis ne savent pas compter, et anbna^n b^n leur échappe. Pour aller plus loin, on change de point de vue. Jusqu'ici, on reconnaissait les langages — on testait si un mot appartenait. Une grammaire fait l'inverse : elle engendre les mots, en partant d'un symbole de départ et en le réécrivant selon des règles. C'est le même mécanisme qui décrit la syntaxe des langages de programmation, du XML, des formats de données — et c'est la porte d'entrée de la compilation, au chapitre 9.

Ce basculement — de reconnaître à engendrer — n'est pas qu'un changement de vocabulaire : il ouvre une classe de langages strictement plus large que les réguliers.

La définition

Une grammaire hors contexte (ou algébrique, en anglais context-free grammar) est la donnée de quatre éléments (V,Σ,R,S)(V, \Sigma, R, S) :

SymboleNomRôle
VVles variables (ou non-terminaux)des symboles auxiliaires, à réécrire ; souvent en majuscules
Σ\Sigmales terminauxles vraies lettres du mot final (l'alphabet du chapitre 1)
RRles règles de productionde la forme AαA \to \alpha
SSl'axiomela variable de départ, SVS \in V

Une règle AαA \to \alpha se lit : « la variable AA peut être remplacée par α\alpha », où α\alpha est une suite quelconque de terminaux et de variables (éventuellement ε\varepsilon). Le nom « hors contexte » vient de là : on remplace AA quel que soit son entourage — le contexte autour de AA n'intervient pas. C'est cette liberté qui rend le modèle à la fois puissant et maniable.

L'exemple fondateur, celui qui justifie tout le bloc, engendre anbna^n b^n :

S → a S bS → ε

Deux règles suffisent là où aucun automate fini ne pouvait réussir.

Dérivation et langage engendré

Dériver, c'est appliquer les règles depuis l'axiome jusqu'à n'obtenir que des terminaux. On note \Rightarrow une étape de réécriture. Pour aabbaabb :

SaSbaaSbbaabb.S \Rightarrow aSb \Rightarrow aaSbb \Rightarrow aabb.

À chaque étape, on remplace une variable par le membre droit d'une de ses règles. La dernière étape emploie SεS \to \varepsilon pour terminer. Le langage engendré L(G)L(G) est l'ensemble de tous les mots de terminaux qu'on peut obtenir ainsi depuis SS.

Observez pourquoi cette grammaire tient le compte que l'automate ne pouvait pas tenir : chaque application de SaSbS \to aSb ajoute un aa et un bb à la fois, de part et d'autre. L'égalité du nombre de aa et de bb n'est pas surveillée par une mémoire — elle est structurelle, portée par la forme de la règle récursive. C'est le gain conceptuel du chapitre.

Un langage engendré par une grammaire hors contexte est appelé langage algébrique (ou hors contexte). Tout langage régulier est algébrique — les grammaires font au moins autant que les automates —, mais la réciproque est fausse : anbna^n b^n est algébrique et non régulier. La classe s'est bel et bien élargie.

Quiz · 1 question

Pourquoi la grammaire S → aSb | ε engendre-t-elle exactement {aⁿbⁿ}, alors qu'aucun automate fini ne reconnaît ce langage ?

  • Parce qu'une grammaire peut mémoriser le nombre exact de a dans une variablemémoire dans la variable
  • Parce que chaque application de S → aSb ajoute simultanément un a et un b : l'égalité est garantie par la structure de la règle, sans avoir à compteréquilibre structurel
  • Parce que la règle S → ε compte les lettres au fur et à mesurecomptage par ε

Réponse : La grammaire ne compte rien et ne mémorise aucun nombre. La règle récursive S → aSb ajoute un a à gauche ET un b à droite EN MÊME TEMPS : à chaque étape, les a et les b restent en nombre égal, par construction. La règle S → ε ne fait que terminer. C'est cette symétrie structurelle qui réussit là où la mémoire bornée d'un automate fini échouait — l'égalité n'est pas surveillée, elle est imposée par la forme des règles.

L'arbre de dérivation

Une dérivation peut se représenter par un arbre de dérivation (ou arbre syntaxique) : la racine est l'axiome SS, chaque nœud interne est une variable, ses enfants sont le membre droit de la règle appliquée, et les feuilles lues de gauche à droite donnent le mot engendré.

L'arbre est plus informatif que la suite de dérivations, car il fait abstraction de l'ordre dans lequel on a réécrit les variables. Deux dérivations qui ne diffèrent que par cet ordre — l'une réécrivant toujours la variable la plus à gauche (dérivation gauche), l'autre la plus à droite — donnent le même arbre. L'arbre capture la structure du mot ; c'est lui, et non la séquence d'étapes, qui porte le sens.

C'est capital pour la suite : dans un compilateur, l'arbre de dérivation d'une expression est sa structure de calcul. L'arbre de 1+2*3 dit dans quel ordre effectuer les opérations.

L'ambiguïté

Une grammaire est ambiguë s'il existe un mot admettant plus d'un arbre de dérivation. L'ambiguïté n'est pas un détail théorique : elle signifie que la structure d'un mot n'est pas déterminée, donc que son sens ne l'est pas.

La grammaire naïve des expressions arithmétiques est l'exemple canonique :

E → E + E | E * E | ( E ) | nombre

Le mot 1+2*3 a deux arbres : l'un met le + à la racine et calcule 1+(2*3) = 7, l'autre met le * à la racine et calcule (1+2)*3 = 9. Deux résultats pour une même entrée — inacceptable pour un compilateur.

On désambiguïse en réécrivant la grammaire pour encoder les priorités et l'associativité dans sa structure :

E → E + T | T          (l'addition, la moins prioritaire, est en haut)T → T * F | F          (la multiplication est plus bas, donc prioritaire)F → ( E ) | nombre

Cette grammaire n'engendre plus qu'un seul arbre pour 1+2*3, celui qui vaut 7. La priorité du * est devenue une propriété structurelle de la grammaire — exactement comme l'équilibre des aa et des bb tout à l'heure. C'est le travail que l'analyseur syntaxique du chapitre 9 exploitera.

Une mise en garde honnête : certains langages algébriques sont intrinsèquement ambigus — aucune grammaire non ambiguë ne les engendre. Et savoir si une grammaire donnée est ambiguë est, en général, indécidable. Ce sont des résultats profonds ; en L2, retenez le phénomène et la technique de désambiguïsation par priorités.

Formes normales et hiérarchie de Chomsky

Pour raisonner et pour programmer, on met souvent une grammaire sous une forme normale standardisée. La plus courante est la forme normale de Chomsky, où toute règle est de l'une des deux formes seulement :

ABC(deux variables)ouAa(un terminal).A \to BC \quad (\text{deux variables}) \qquad \text{ou} \qquad A \to a \quad (\text{un terminal}).

Toute grammaire hors contexte peut être transformée en une forme normale de Chomsky engendrant le même langage (au mot vide près). Son intérêt est pratique : les arbres deviennent binaires, ce qui rend possibles des algorithmes d'analyse efficaces.

Enfin, situons ces objets. La hiérarchie de Chomsky classe les langages en quatre niveaux emboîtés, chacun associé à un type de grammaire et à un modèle de machine :

TypeLangagesMachineVu où
3réguliersautomate finibloc II
2algébriques (hors contexte)automate à pilece bloc
1contextuelsautomate linéairement bornésurvol
0récursivement énumérablesmachine de Turinghors programme

Chaque niveau contient strictement le précédent. Vous n'étudierez en L2 que les deux premiers — les plus utiles en pratique — mais il est bon de savoir que l'échelle continue au-dessus, jusqu'à la machine de Turing et la notion générale de calcul.

Quiz · 1 question

Pourquoi une grammaire ambiguë pose-t-elle problème pour un compilateur, et comment la corrige-t-on en pratique ?

  • Elle est trop lente à analyser ; on la corrige en la mettant en forme normale de Chomskyvitesse
  • Un mot peut avoir plusieurs arbres, donc plusieurs sens (1+2*3 = 7 ou 9) ; on réécrit la grammaire pour encoder priorités et associativité dans sa structureplusieurs arbres = plusieurs sens
  • Elle engendre trop de mots ; on ajoute des règles pour en engendrer moinstrop de mots

Réponse : Le problème n'est pas la vitesse ni le nombre de mots engendrés, mais la structure : un mot ambigu a plusieurs arbres de dérivation, donc plusieurs interprétations — 1+2*3 vaudrait 7 ou 9 selon l'arbre. Un compilateur produirait des résultats non déterminés. On corrige en réécrivant la grammaire pour que priorités et associativité soient encodées dans sa structure (E → E+T, T → T*F, F → …), de sorte que chaque mot n'ait plus qu'un seul arbre. La forme normale de Chomsky, elle, sert à l'efficacité de l'analyse, pas à lever l'ambiguïté.

À vous

L'exercice vous fait d'abord dériver aabbaabb avec la grammaire SaSbεS \to aSb \mid \varepsilon : vous verrez le compte s'équilibrer tout seul, étape par étape, sans qu'aucun nombre ne soit mémorisé. Puis il rend l'ambiguïté tangible : vous évaluez 1+2*3 selon ses deux arbres et obtenez 7 ou 9, avant de comprendre pourquoi et comment on réécrit la grammaire pour n'en garder qu'un.

C'est le même geste que le chapitre 9 automatisera : d'une grammaire non ambiguë, un compilateur tire l'unique arbre qui donne le sens de l'expression.

Exercice de code

Dérivez le mot aabb avec la grammaire S → aSb | ε (le langage que les automates ne savaient pas reconnaître), puis mesurez l'ambiguïté de la grammaire naïve des expressions : « 1+2*3 » vaut 7 ou 9 selon l'arbre choisi. Comprenez pourquoi il faut désambiguïser.

Point de départ

// Une grammaire hors contexte engendre des mots en RÉÉCRIVANT des variables
// (non-terminaux) jusqu'à n'avoir que des terminaux.
//
// G1 engendre L = { a^n b^n | n >= 0 } — le langage que les automates finis
// ne savaient PAS reconnaître (chapitre 6). Une grammaire, elle, le peut.
//   S -> a S b        (on ajoute un a à gauche, un b à droite : compte gardé)
//   S -> ε            (cas de base)
// Axiome : S.

// Une dérivation gauche : on réécrit le non-terminal le plus à gauche.
// On représente une forme comme une chaîne mêlant 'a','b' (terminaux) et 'S'.
function derive(forme, regle) {
  // remplace le PREMIER 'S' par le membre droit de la règle
  return forme.replace("S", regle);
}

// ── À VOUS (1) : dériver le mot aabb depuis S ───────────────────────────────
// Appliquez les règles pour transformer "S" en "aabb". Notez chaque étape.
let f = "S";
console.log("Départ :", f);
// à compléter : suite d'appels à derive(f, "aSb") ou derive(f, "") pour
// aboutir à "aabb". (Indice : deux fois S->aSb, puis S->ε.)
// f = derive(f, "aSb"); console.log(f);
console.log("Arrivée :", f, f === "aabb" ? "  ✓ aabb engendré" : "  (pas encore aabb)");

// ── Ambiguïté : deux arbres pour un même mot ────────────────────────────────
// G2, la grammaire NAÏVE des expressions arithmétiques :
//   E -> E + E | E * E | ( E ) | nombre
// Le mot "1+2*3" a DEUX arbres de dérivation :
//   - l'un calcule (1+2)*3 = 9
//   - l'autre calcule 1+(2*3) = 7
// Une grammaire est AMBIGUË si un mot admet plus d'un arbre de dérivation.

// ── À VOUS (2) : évaluer selon chaque arbre ─────────────────────────────────
function evalGauchePrioritaire() {
  // arbre où + est en haut (racine) : 1 + (2*3)
  return 0; // à compléter : la valeur obtenue
}
function evalMultEnHaut() {
  // arbre où * est en haut (racine) : (1+2) * 3
  return 0; // à compléter
}

console.log("");
console.log("1+2*3, + à la racine  ->", evalGauchePrioritaire(), "(attendu 7)");
console.log("1+2*3, * à la racine  ->", evalMultEnHaut(), "(attendu 9)");

Solution

// ── (1) Dérivation de aabb ──────────────────────────────────────────────────
let f = "S";
f = derive(f, "aSb"); console.log(f);  // aSb
f = derive(f, "aSb"); console.log(f);  // aaSbb
f = derive(f, "");    console.log(f);  // aabb
// S ⇒ aSb ⇒ aaSbb ⇒ aabb. Chaque S->aSb garde l'équilibre : un a ET un b.
// S->ε termine. Impossible de produire plus de a que de b : le compte est
// STRUCTUREL, porté par la règle récursive. C'est ce qu'un automate fini ne
// pouvait pas faire.

// ── (2) Ambiguïté ───────────────────────────────────────────────────────────
function evalGauchePrioritaire() { return 1 + (2 * 3); } // 7
function evalMultEnHaut()       { return (1 + 2) * 3;   } // 9

// ── Ce que l'exercice enseigne ──────────────────────────────────────────────
//
// 1. Une grammaire ENGENDRE (produit des mots) là où un automate RECONNAÎT
//    (teste des mots). Les deux points de vue sont complémentaires : le
//    chapitre 8 montrera l'automate à pile qui reconnaît ce que la grammaire
//    engendre.
//
// 2. La récursion S -> a S b porte un COMPTE que la mémoire finie d'un
//    automate ne pouvait pas tenir. C'est pour cela que les grammaires hors
//    contexte dépassent les langages réguliers : a^n b^n est algébrique mais
//    pas régulier.
//
// 3. L'AMBIGUÏTÉ n'est pas une curiosité théorique : ici, deux arbres donnent
//    7 ou 9 pour « 1+2*3 ». Un compilateur qui accepterait une grammaire
//    ambiguë calculerait des résultats non déterminés. On DÉSAMBIGUÏSE en
//    réécrivant la grammaire pour encoder les priorités :
//        E -> E + T | T        (le + est en haut)
//        T -> T * F | F        (le * est plus bas, donc prioritaire)
//        F -> ( E ) | nombre
//    Cette grammaire n'engendre qu'un seul arbre pour 1+2*3, valant 7. C'est
//    exactement le travail de l'analyseur syntaxique du chapitre 9.

Ce que la suite en fait

Vous savez maintenant engendrer les langages algébriques par des grammaires. Le chapitre 8 fournit la contrepartie que le bloc II avait pour les réguliers : la machine qui les reconnaît. Ce sera l'automate à pile — un automate fini augmenté d'une pile, cette mémoire supplémentaire qui lui permet enfin de compter, et donc de vérifier l'équilibre de anbna^n b^n.

On y établira l'équivalence entre grammaires hors contexte et automates à pile — l'analogue, un étage plus haut, du théorème de Kleene — puis un lemme de pompage algébrique qui tracera la frontière suivante : les langages, comme anbncna^n b^n c^n, qui échappent même aux grammaires hors contexte.

À retenir

Flashcards · 4 cartes

Qu'est-ce qu'une grammaire hors contexte, et en quoi diffère-t-elle d'un automate ?
Un quadruplet (V, Σ, R, S) : variables (non-terminaux), terminaux, règles A → α, axiome S. Une grammaire ENGENDRE des mots en réécrivant l'axiome jusqu'à n'avoir que des terminaux, là où un automate RECONNAÎT (teste). « Hors contexte » : on remplace A quel que soit son entourage. Les langages ainsi engendrés (algébriques) forment une classe strictement plus large que les réguliers — ex. aⁿbⁿ.
Qu'est-ce qu'un arbre de dérivation, et pourquoi est-il plus important que la suite d'étapes ?
Un arbre dont la racine est l'axiome, les nœuds internes des variables, et les feuilles (lues de gauche à droite) le mot engendré. Il fait abstraction de l'ORDRE de réécriture : deux dérivations qui ne diffèrent que par l'ordre donnent le même arbre. C'est lui qui porte la STRUCTURE — donc le sens — du mot, ce dont un compilateur a besoin (l'arbre de 1+2*3 dit l'ordre des calculs).
Qu'est-ce qu'une grammaire ambiguë, et comment la désambiguïse-t-on ?
Une grammaire est ambiguë si un mot admet plusieurs arbres de dérivation — donc plusieurs sens (1+2*3 = 7 ou 9). On la désambiguïse en réécrivant les règles pour encoder priorités et associativité dans la structure (E → E+T, T → T*F, F → (E) | nombre). Attention : certains langages sont intrinsèquement ambigus, et l'ambiguïté d'une grammaire est en général indécidable.
Où se situent les langages réguliers et algébriques dans la hiérarchie de Chomsky ?
Type 3 : réguliers (automate fini). Type 2 : algébriques / hors contexte (automate à pile). Type 1 : contextuels (automate linéairement borné). Type 0 : récursivement énumérables (machine de Turing). Chaque niveau contient strictement le précédent. En L2 on étudie surtout les types 3 et 2. La forme normale de Chomsky (règles A → BC ou A → a) standardise les grammaires de type 2 pour l'analyse.

Exercices d'entraînement

Exercice 1

Écrire une grammaire

Donner une grammaire hors contexte engendrant le langage {anb2nn0}\{a^n b^{2n} \mid n \geq 0\} (deux fois plus de b que de a, les a avant les b).

Correction

SaSbbεS \to a\,S\,bb \mid \varepsilon

Chaque application de SaSbbS \to aSbb ajoute un a à gauche et deux b à droite : le rapport « deux b pour un a » est garanti par la structure de la règle, sans aucun comptage. La règle SεS \to \varepsilon termine la dérivation. Par exemple : SaSbbaaSbbbbaabbbb=a2b4S \Rightarrow aSbb \Rightarrow aaSbbbb \Rightarrow aabbbb = a^2 b^4.

Exercice 2

Montrer une ambiguïté

Montrer que la grammaire SSSaS \to S\,S \mid a est ambiguë.

Correction

Il suffit d'exhiber un mot ayant deux arbres de dérivation distincts. Prenons aaa.

  • Premier arbre : la racine SSSS \to S\,S coupe en (aa) puis (a) — le SS de gauche se dérive à son tour en a a.
  • Second arbre : la racine coupe en (a) puis (aa) — cette fois c'est le SS de droite qui se dérive en a a.

Ces deux arbres produisent le même mot aaa mais ont des structures différentes (le regroupement des a diffère). La grammaire admet donc plusieurs arbres pour un même mot : elle est ambiguë.

Exercice 3

Reconnaître le langage engendré

Quel langage la grammaire SaSabSbεS \to a\,S\,a \mid b\,S\,b \mid \varepsilon engendre-t-elle ?

Correction

Chaque règle récursive ajoute la même lettre au début et à la fin du mot en construction : un a de part et d'autre, ou un b de part et d'autre. La dérivation construit donc le mot symétriquement depuis le centre, et SεS \to \varepsilon ferme au milieu.

Le langage engendré est celui des palindromes de longueur paire sur {a,b}\{a, b\} — les mots ww tels que w=miroir(w)w = \text{miroir}(w) avec w|w| pair (par exemple abba, aa, ε\varepsilon). Pour obtenir aussi les palindromes de longueur impaire, on ajouterait les règles SaS \to a et SbS \to b.